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Site bilingue conforme à la Loi 96 : structure, traduction et référencement

Bâtir un site français-anglais conforme à la Loi 96 et bien référencé : structure d'URL, hreflang, sélecteur de langue et méthode de traduction qui tient.

6 min de lecture

Un site bilingue conforme à la Loi 96 et bien référencé repose sur quatre choix : une adresse distincte pour chaque langue (idéalement /fr/ et /en/ sur le même domaine), des balises hreflang qui relient chaque page à son équivalent, un sélecteur de langue qui mène à la même page dans l'autre langue, et une méthode de traduction qui garde les deux versions identiques dans le temps. La loi demande une version française équivalente et accessible dans des conditions au moins aussi favorables. Google, lui, demande des URL distinctes et une seule langue par page. Bien fait, le même travail règle les deux.

La structure d'URL

Google décrit quatre options pour un site multilingue. Pour une PME québécoise, le choix est presque toujours le même.

OptionExemplePourContre
Sous-répertoiresexemple.ca/fr/, exemple.ca/en/Simple, un seul site à gérer, l'autorité du domaine profite aux deux languesAucun inconvénient sérieux pour une PME
Sous-domainesfr.exemple.caSéparation nette, serveurs distincts possiblesPlus de gestion, signal parfois ambigu
Domaines distinctsexemple.ca et example.comMarques différentes par marchéCoût, double travail de référencement
Paramètresexemple.ca?lang=frAucunDéconseillé par Google

Recommandation par défaut : les sous-répertoires. Une seule installation, un seul certificat, un seul domaine qui accumule les liens et la réputation.

Des adresses traduites

Traduisez aussi les adresses des pages. /fr/services/entretien-commercial et /en/services/commercial-cleaning sont plus clairs pour les visiteurs et contiennent les mots qu'ils cherchent. Gardez la même arborescence dans les deux langues pour que chaque page ait un équivalent évident.

Ce qu'il ne faut pas faire

  • Changer la langue avec un témoin ou une préférence sur une même URL. Google explore généralement depuis les États-Unis sans indiquer de langue préférée; il ne verra qu'une version.
  • Rediriger automatiquement selon l'adresse IP ou la langue du navigateur. Google le déconseille : ces redirections peuvent empêcher les visiteurs et les robots d'atteindre toutes les versions. Un anglophone de Montréal avec un navigateur en français mérite de choisir.
  • Mélanger les langues sur une même page. Google détermine la langue d'une page d'après son contenu visible. Un texte en deux colonnes, français et anglais, brouille ce signal.

Les balises hreflang

Hreflang indique à Google que deux pages sont la même chose dans deux langues, pour qu'il montre la bonne version au bon internaute. Sans hreflang, il arrive qu'une recherche en français fasse apparaître votre page anglaise.

Sur chaque page, dans le <head> :

``html <link rel="alternate" hreflang="fr-CA" href="https://exemple.ca/fr/services/entretien-commercial" /> <link rel="alternate" hreflang="en-CA" href="https://exemple.ca/en/services/commercial-cleaning" /> <link rel="alternate" hreflang="x-default" href="https://exemple.ca/fr/services/entretien-commercial" /> ``

Les règles que Google applique :

  1. Chaque version se nomme elle-même et nomme toutes les autres. La page française liste la française et l'anglaise; la page anglaise aussi.
  2. Les liens doivent être réciproques. Si la page A pointe vers B, B doit pointer vers A, sinon Google peut ignorer les annotations. C'est l'erreur la plus fréquente.
  3. Des URL complètes, avec https://.
  4. Des codes valides : la langue d'abord (fr, en), puis la région si vous voulez la préciser (CA). Un code de pays seul n'est pas valide.
  5. x-default désigne la page à montrer quand aucune langue ne correspond. Pour une entreprise québécoise, la version française est un choix logique.

Vous pouvez déclarer ces liens dans le HTML, dans les en-têtes HTTP (utile pour les PDF) ou dans le plan du site XML. Une seule méthode suffit; les trois sont traitées de la même façon.

Ajoutez aussi l'attribut lang="fr-CA" ou lang="en-CA" sur la balise <html>. Google ne s'en sert pas pour détecter la langue, mais les lecteurs d'écran et les navigateurs, oui.

Le sélecteur de langue

C'est ici que la Loi 96 et l'expérience utilisateur se rejoignent. L'OQLF précise qu'un client ne doit pas avoir à fournir d'effort additionnel pour accéder à la version française. Un bon sélecteur :

  • est visible au même endroit sur chaque page, en général en haut à droite;
  • mène à la même page dans l'autre langue, pas à l'accueil;
  • affiche le nom de la langue dans cette langue : « Français », « English »;
  • n'utilise pas de drapeaux, puisqu'un drapeau représente un pays, pas une langue;
  • fonctionne aussi sur mobile, sans être enfoui dans un menu secondaire.

Pour l'adresse racine (exemple.ca), deux approches tiennent la route : rediriger vers /fr/ par défaut, ou afficher une page de choix de langue. Évitez de deviner selon l'adresse IP.

La traduction : une méthode, pas un bouton

Rédiger pour chaque marché

Les gens ne cherchent pas avec les mêmes mots dans les deux langues. Un Québécois cherche une « soumission », un Ontarien un « quote »; « entretien ménager commercial » et « commercial cleaning » ne se traduisent pas mot à mot dans les habitudes de recherche. Faites une recherche de mots clés distincte pour chaque langue, puis adaptez les titres, les descriptions et les intertitres.

La traduction automatique avec révision

Les outils de traduction automatique font gagner du temps sur un premier jet. Publier ce jet tel quel est une autre affaire : les règles anti-spam de Google visent le contenu produit en masse avec peu de valeur pour les internautes, y compris par des transformations automatiques comme la traduction. Et un client remarque vite un « courriel » devenu « e-mail » ou une tournure calquée sur l'anglais. Une personne qui maîtrise la langue doit relire chaque page.

Un glossaire et une règle de publication

  • Un glossaire de vos termes clés dans les deux langues, pour que vos services portent le même nom partout.
  • Une règle simple : aucune page, promotion ou publication de blogue ne part sans son équivalent. Pour les comptes de médias sociaux bilingues, l'OQLF exige que le contenu publié en anglais le soit simultanément en français; appliquez la même discipline au site.
  • Un CMS qui lie les deux versions d'une page, pour qu'on voie tout de suite qu'une traduction manque.

Les détails techniques à ne pas oublier

  • Titres et méta-descriptions traduits et adaptés pour chaque page.
  • Textes alternatifs des images dans la langue de la page.
  • Plan du site XML incluant les deux versions.
  • Données structurées (nom, adresse, téléphone, heures) dans la langue de la page.
  • Formulaires, messages d'erreur et courriels de confirmation dans la langue de la page d'où vient le visiteur.
  • Canonical : chaque version pointe vers elle-même, jamais vers l'autre langue.
  • Fiche d'établissement Google : vous pouvez lier votre site; envoyez les internautes vers la version qui correspond à votre clientèle principale.

Vérifier que tout fonctionne

  1. Dans la Google Search Console, vérifiez que les pages des deux langues sont indexées.
  2. Faites une recherche en français et une en anglais sur vos services principaux : la bonne version apparaît-elle?
  3. Passez quelques pages dans un validateur hreflang pour repérer les liens non réciproques.
  4. Testez le sélecteur sur mobile, sur chaque gabarit de page.
  5. Remplissez un formulaire dans chaque langue et lisez le courriel de confirmation.

L'approche de PNE

Nous bâtissons les sites en français et en anglais dès la conception, avec la structure et les hreflang en place au lancement. Pour DC Maintenance, entreprise d'entretien commercial et industriel au Québec depuis 1990, nous avons remplacé un site de 2014 par 28 pages générées dans les deux langues, avec des hreflang pour que chaque marché soit référencé de son côté, ainsi que le premier plan du site et les premières pages par service de son histoire. Pour World Gym Québec, chaque centre a sa propre page dans les deux langues, et les abonnements se vendent à partir d'un seul site. Notre service de conception de sites web part de cette base. Pour les obligations légales elles-mêmes, voyez Loi 96 : votre site web doit-il être en français?

Sources

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